LA TRAME VIBRATOIRE
Parmi les 108000 yogas dont l'Inde affirme être détentrice, il en est un qui concerne le son: le nada yoga, ou yoga de la résonance (nommé Shabd Yoga dans la tradition sikh). Étroitement relié à la tradition tantrique - qui explore la dynamique énergétique de tous les étages corporels - le yoga du son se fonde sur le postulat que la nature du monde est purement vibratoire; il résulte à tout instant des interférences harmoniques émanant du son primordial : le OM cosmique, nommé Shabdabrahman. Ainsi, le nada yogi est invité d'abord à exercer son écoute des sons habituels, produits par la nature ou les humains (écouter un concert de grenouilles, le grondement de l'orage ou porter son attention sur les inflexions de la voix humaine peut faire partie des exercices préliminaires, comme la répétition des mantras). Ensuite, il est invité à se mettre à l'écoute du silence, afin d'y entendre ces mystérieux nadas qui constituent la trame de l'univers, comme du corps humain.
Ces nadas sont des sons se tenant à la frontière de l'audible, ils ne sont pas le produit d'un quelconque frottement ou frappement, auto-engendré, et les indiens leur donnent le nom du Shakra du Coeur : Anahata, signifiant non frappé. |
|
Au début de la recherche, l'imperceptible présence pulsante des nadas reste en arrière plan de la conscience, jusqu'à ce que le méditant réalise qu'ils sont plus proches de lui que lui-même, puisqu'ils constituent justement la trame dynamique de cette conscience. Tout événement psychique est sous-tendu par l'activation d'un nada, que l'on n'entend pas habituellement mais qui produit un effet de conscience.
|