
Qu’est-ce que la connaissance de
la musique peut apporter à la Bible ?
Il y a le texte écrit, et il y a la voix. Ce sont deux modes d’approche fort différents : la voix ne dit pas la même chose que les mots. En écoutant la Voix, j’entends les assonances, les rythmes, les figures, qui jouent en dessous du sens explicite. Ces figures sont musicales. Ici, elles sont gravées, comme une partition, dans le Livre. Il suffit de le lire. Et, dans ce but, cesser - pour un temps - d’écouter le sens des mots pour y voir aussitôt apparaître ces figures, et entendre la Voix. En appliquant quelques principes élémentaires propres à la musique et à l’univers de la résonance, j’ai ainsi eu la surprise de découvrir un texte fort différent de celui que l’on avait tenté de m’enseigner.
Si l’on considère le texte comme une partition, alors c’est celle que Dieu chante pour créer le Monde. La Voix devient alors ce champ de résonance qui ouvre des rapports inattendus entre les mots, les phrases, les chapitres. Lorsque Dieu parle, il use de figures fort singulières, fondées sur le dédoublement, la symétrie, l’effet miroir, la mise en abîme, l’arborescence : le style poétique de Dieu en quelque sorte. En partant du premier son prononcé par le Créateur dans la Genèse, j’ai suivi ces figures à la trace, de plus en plus stupéfait par les perspectives vertigineuses qu’elles ouvrent sur l’ensemble du texte biblique, et bien au-delà : c’est, au seuil de l’abîme, la place de l’homme dans la parole que ce texte invite à méditer. |